Il y a donc un peu plus de 15 jours, j’étais en Pologne.ffice
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Le voyage ne s’est absolument pas passé comme prévu et c’est pourquoi j’ai pensé au début faire une note ironique où j’aurais listé en les numérotant toutes les malchances qui me sont tombées dessus. Mais au final ça aurait été idiot : la Pologne avec Venise a été ma plus belle escapade de SVE.
Pologne, Pologne… Caro ne ferait-elle pas un peu sa prétentieuse (ou sa parisienne pour les gens du sud) alors qu’elle n’est censée avoir vu QUE Cracovie ? Erreur, j’ai vu Cracovie ET Varsovie ! En effet j’avais réservé le train de nuit jusqu’à Varsovie et comme tout le monde m’avait dit nooooonnn Cracovie c’est plus beau, je me suis dit je vais descendre avant à Cracovie et j’ai réservé l’hôtel là-bas. Or si au départ de Vienne le train de nuit ne faisait qu’un il se séparait à la frontière tchèque n’allant QUE à Cracovie ou QUE à Varsovie. Obligée d’aller à Varsovie !
Passée la colère contre soi-même du premier moment, oublié les inconvénients financiers de mon erreur (prix d’un aller retour Varsovie-Cracovie 99 Zloty, soit 25€), quelle aubaine de faire en un we deux villes et ainsi aussi de découvrir les paysages polonais dans un train de jour. Et Varsovie mérite ABSOLUMENT d’être vue pour saisir l’âme de la Pologne, j’en suis intimement persuadée.

Varsovie, la place du marche (la touriste a gauche c´est moi !)
Commençons par Varsovie alors. Une leçon d’histoire, de courage, un exemple à suivre, quelque chose de vertigineux. La ville est très belle mais là n’est pas l’intérêt immédiat. En effet, en août 1944 les varsoviens (ça se dit ça, les varsoviens ?) se sont révoltés contre l’occupant nazi. Avant le soulèvement, la résistance avait été largement encouragée par les russes. Mais une fois l’incroyable courage réuni, les russes n’ont pas bougé le petit doigt et ont même empêché les Alliés d’aider les polonais, trop contents de voir un éternel foyer de résistance intellectuel détruit. Le résultat a été le massacre des habitants (600 000 personnes, sans parler des habitants du ghetto déjà loin…) et la destruction totale de la ville. Vengeance gratuite d’une armée qui savait la guerre perdue. Toutes les habitations ont été brûlées, les monuments historiques dynamités. La ville devait être rayée des cartes.
Et pourtant, aujourd’hui rien ne laisse apercevoir ce terrible passé. Le centre ancien est tout en maisons colorées, en églises dorées, en murailles de briques, une ambiance de vieux murs se ressent. Ce miracle a été rendu possible par la ténacité des polonais qui sont revenus à l’endroit et qui ont tout reconstruit à l’identique avec une rapidité incroyable. Malgré la pauvreté, retrouver l’honneur au plus vite. Dès 1980 l’UNESCO classait la ville pour toutes ces raisons au patrimoine mondial de l’humanité.
J’ai été très touchée. Malgré la fatigue accumulée et malgré une autre déveine : la ville était entièrement bouclée, le centre infesté de policiers et ….la place principale du centre ancien inaccessible ! Ce qui ne doit jamais arriver ! Une telle pagaille car le Conseil de l’Europe se réunissait le lendemain avec sa petite cinquantaine de chefs d’Etat. Bien-sûr dès que l’on sort du centre, la ville est entièrement bétonnée, d’un modernisme pas toujours heureux, le communisme même adouci est passé par là. Quoique, j’aime beaucoup les courbes presque new-yorkaises du Palais de la culture et de la science, à vous de juger !

Les murs de Cracovie n’ont pas connu les blessures de la guerre. Ses hommes oui : le ghetto, Auschwitz à une soixantaine de kilomètres. Si les villes se m’ont pas paru pauvres, les campagnes qui séparent Cracovie de la capitale sont un peu plus reculées (petites parcelles, travail avec des chevaux, etc.).

Le patrimoine de la ville est immense et l’atmosphère unique malgré les masses de touristes. On sent l’histoire, ce qui change beaucoup de mes impressions de Budapest et Bratislava où une atmosphère artificielle ou perdue flotte toujours un peu. Bien-sûr, même si j’ai cavalé partout, je n’ai qu’une impression rapide de la ville car une journée et demie de visite, c’est peu. En général, j’aime bien dans une ville inconnue repasser devant les monuments, m’orienter, reconnaître. J’ai pu le faire à Venise mais là pas suffisamment. Je reviendrai, un jour… Les dynasties s’affichent sur la colline qui surplombe la ville (Wawel), où comme à Prague on trouve l’église et le château des souverains. Le centre du centre est une immense place où s’introduit la cathédrale et un tas d’autres monuments.
L’hôtel était dans le quartier juif (Kazimierz). Depuis une vingtaine d’années, la communauté juive, parquée dans le ghetto puis déportée lors de la 2ème guerre, est réintroduite. Il reste cependant aussi toutes les vieilles synagogues, les cimetières juifs, là aussi comme à Prague mais en plus grandes quantités. Le plus grand des cimetières est particulièrement impressionnant. Des tombes dans une forêt ou des arbres dans un cimetières, stèles qui se chevauchent, neuves ou affalés par le temps.

Kazimierz est aussi devenu (comme le quartier juif de Vienne) le lieux des cafés branchés, des rendez-vous du soir. On peut y manger un délicieux « zapiekanka » (une longue tartine grillée, gratinée au fromage et au champignons noirs, éventuellement une garniture, et du ketchup ou non selon le goût ; l’équivalent local du kebab).
Je suis revenue de ce we exténuée de fatigue par les kilomètres alignés et le petit stress matériel, mais tellement enrichie ! Emue surtout. Très.